Allumer une bougie, écouter la radio en boucle, faire tourner un écran, développer un rapport filial avec sa plante verte… Nos journées se rythment d’un besoin vital sous-jacent : sentir le vivant autre que nous-même.
Pourquoi ce besoin de présence autour de nous ? De mon côté j’ai souvent l’impression de fuir cette présence, de chercher désespérément la solitude totale, sans jamais y parvenir totalement. Malgré tous mes efforts pour installer le silence, j’ai beau m’enfermer pour m’aider à réfléchir, il y a toujours une voix, un souffle, un bruit qui m’accompagne. C’est plutôt une idée du silence que je me fais qui fait l’objet de ma quête, mais au fond, pour avoir grandi dans une grande ville et passé tous mes week-ends à la campagne, rien ne m’a jamais plus terrifié que le néant sonore des champs.
J’ai besoin de ce silence déguisé, que je peux contrôler, tenir entre mes mains et ajuster selon mes besoins. Depuis que je suis à Hambourg, la balance entre absence et présence n’a jamais été aussi difficile à mettre en place. Je n’habite pas seule, et les rythmes des uns et des autres changent sans cesse. De quoi sérieusement titiller ma capacité à contrôler ma bulle de silence/bruit. Je ne peux pas lutter contre la présence, qui quand je ne décide pas de m’enfuir me fait stagner dans un entre-deux flottant, improductif et grisonnant.
Ma solution ? Me cloîtrer dans le brouhaha continu d’un café.
Teto Maltesi